Chez l’enfant polyhandicapé comme chez l’enfant « ordinaire » aucune des facettes du développement n’évolue de façon indépendante, elles sont au contraire toutes intriquées et interdépendantes les unes des autres.
C’est l’intégration de tous les aspects du développement humain qui permet la construction de la personne humaine, laquelle n’est pas une simple addition de capacités motrices, intellectuelles, psycho-affectives et cognitives, mais bien une construction totalement intégrée de ces éléments, en partant du postulat qu’un ensemble est plus que la somme des parties.
Ceci nous fait préciser que les activités de la vie journalière et toute activité fonctionnelle ayant un but et un sens pour l’enfant, sont des occasions privilégiées d’apprentissage, inconscientes dans l’éducation ordinaire mais qui peuvent être utilisées de façon consciente dans l’éducation des enfants et adolescents polyhandicapés.
C’est parce que l’enfant polyhandicapé a des limites importantes tant au niveau de la compréhension que de la motricité et de l’éveil en général qu’il serait dommage de faire l’économie de toutes ces stimulations intégrées, cela permet en effet de l’aider à advenir à lui-même au mieux de ses possibilités et compétences, pour exister comme personne active, participative à sa vie et au monde qui l’entoure.
Les équipes médico-éducatives font le nécessaire dans la diversité de leurs compétences afin de ne négliger aucun des aspects du développement humain dans leur approche et dans leurs interventions auprès de l’enfant polyhandicapé pour éviter de le morceler encore davantage.
Les compétences spécifiques de chaque professionnel sont mises au service, non seulement de l’enfant polyhandicapé, mais également de toute l’équipe éducative, qui inclut également les parents.
La mise en commun des projets de chacun s’accompagne de l’explicitation du comment et du pourquoi des objectifs de chacun. Un projet commun s’incarne, prend corps par un partage des savoirs spécifiques, pour que les interventions de chacun soient connues, comprises, respectées et soutenues par l’ensemble des intervenants. C’est ainsi que l’action de tous est renforcée et démultipliée.
Cette démarche favorise une compréhension globale et commune de la personne polyhandicapée et encourage l’utilisation d’un langage commun, ce qui facilite le passage d’informations entre tous les intervenants et par conséquent améliore la cohérence de la prise en charge de l’enfant et de l’adolescent polyhandicapé.
Vision cohérente de la personne, langage commun sont des maîtres mots, difficiles à mettre en pratique, mais vers lesquels nous nous efforçons de tendre.
L’impact du polyhandicap sur le développement de l’enfant et sa constitution en tant que sujet est tel qu’il oblige, pour un résultat parfois minime à court terme, une cohérence et une cohésion de toute l’équipe, non seulement par rapport au contenu et aux modalités de chacune des activités proposées à l’enfant, mais également dans leur succession dans le temps et leur organisation dans des espaces bien définis.
En effet, l’enfant ne se développe pas seul mais bien en interaction permanente avec son environnement, il est donc autant que possible tenu compte que cet environnement est constitué d’éléments humains mais également matériels et logistiques.
L’organisation stable du temps et des espaces est également un facteur de cohérence de toute démarche éducative. La répétition des mêmes actions au même moment d’une journée et d’une semaine, dans des lieux précis reconnus par l’enfant, et se passant avec les mêmes personnes, est un facteur d’apprentissage non négligeable car c’est cette stabilité qui amène la sécurité et développe les conditions nécessaires à la mémorisation et à l’anticipation.
Ceci obtenu, il est davantage possible de transférer les acquis dans d’autres activités, à d’autres moments, dans d’autres lieux, c’est-à-dire de les généraliser.
L’utilisation de matériel adapté contribue à faciliter le déroulement de l’activité et favorise le succès de la personne polyhandicapée ; qu’il s’agisse de jeux ou d’équipements d’aide à la vie journalière, l’environnement matériel de l’enfant ou de l’adolescent polyhandicapé est pensé et réfléchi en équipe au même titre que les activités qui lui sont proposées, parce que l’impact du polyhandicap sur les possibilités d’action de l’enfant est tel qu’il oblige à une gestion ergonomique de l’environnement.
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