
Dans « l’effet Gulliver », Hervé Serieyx développe avec conviction et un enthousiasme communicatif, la question de l’engagement des dirigeants d’entreprise.
Il leur demande « de « mouiller leur chemise » et de « monter sur le tonneau »
pour réussir à faire ces transformations véritables qui consistent à passer du vertical au transversal, de femmes et d’hommes instrumentalisés, à des femmes et des hommes engagés, pour passer
d’une entreprise centrée sur son nombril à une entreprise centrée sur ses clients, d’une entreprise qui a des relations conflictuelles avec ses fournisseurs, à une entreprise qui se met à vivre
d’une façon plus intime avec eux, pour passer d’une entreprise qui croit avoir sa vérité à une entreprise qui rencontre d’autres concurrents ou des partenaires pour s’en
enrichir. »
Prendre le temps de réfléchir, monter sur le tonneau, mouiller sa chemise. Le dirigeant doit s’impliquer personnellement, affronter avec
conviction et courage le système, qui se défend à travers le conformisme gestionnaire, les conservatismes institutionnels et les intérêts catégoriels ; et s’il ne doit pas craindre
d’explorer des voies nouvelles, d’emprunter des
chemins inexplorés et non cartographiés, c’est après avoir observé et mûrement réfléchi. Observer et réfléchir, c’est prendre la mesure des problèmes, des
problèmes récurrents et des interactions, c’est identifier les enjeux informels ainsi que les jeux de pouvoirs entre les différents acteurs, c’est aussi mesurer les stratégies en présence et
repérer les systèmes d’alliances et les jeux de coopérations, c’est enfin tenter de comprendre comment se régule le jeu d’acteurs.
Le courage et l’ambition du directeur s’exercent en prenant le temps et la peine de permettre
à son organisation de s’installer sur des positions solides, en situation de force. Plusieurs axes de l’organisation peuvent être travaillés
conjointement pour conquérir un positionnement fort : la ressource humaine, la création de réseaux, la bonne connaissance des besoins du public, la technicité, le dialogue social, la
structure financière et l’image.
La force vitale de toute organisation, quelle qu’elle soit, est la ressource humaine, elle doit être
valorisée comme une ressource rare et précieuse, et non gérée comme une ressource renouvelable et inépuisable.
L’organisation est composée d’hommes et de femmes qui veulent
être des acteurs à part entière de son destin, elle doit pouvoir à cet effet afficher sa finalité en affirmant son ambition, ses valeurs tout en recherchant l’adhésion de ceux et celles qui la
composent.
Ce sont des projets d’établissements élaborés collectivement, par des équipes transversales et
pluridisciplinaires, sur des principes, des valeurs éthiques et philosophiques clairement affichés.
Ce sont également des politiques ainsi que des perspectives de développement qui recueillent l’adhésion du plus
grand nombre.
Ce sont aussi des plans de formations qui améliorent les compétences, favorisent l’émancipation personnelle et
encouragent la promotion sociale.
C’est enfin, la mise en place d’instances institutionnelles transversales et décloisonnées, où chacun peut
s’exprimer librement, interroger le fonctionnement de l’organisation et faire des propositions nouvelles : commissions permanentes, groupes d’études thématiques, groupes d’analyse des
pratiques, journal institutionnel, etc…
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